La Cour des comptes chiffre le manque d'enseignants des écoles secondaires flamandes, Bruxelles et les écoles fragiles en tête
En comptant toutes les absences, il manque un professeur sur seize ; les écoles s'en sortent avec des solutions d'urgence qui menacent la qualité, selon la Cour.
La Cour des comptes a mesuré l'ampleur de la pénurie d'enseignants dans le secondaire flamand, et arrive à un déficit de 3,6 % en mars 2025, soit près de 40.000 heures de cours. C'est ce que rapportent Bruzz, De Tijd et La Libre sur la base du rapport, qui a examiné les années scolaires 2022-2023 et 2024-2025. La pénurie structurelle, lorsque personne n'occupe un poste vacant, avoisine les 2 %. S'y ajoutent les absences pour lesquelles aucun remplaçant adéquat n'est trouvé. Si l'on compte aussi les absences courtes qui ne peuvent donner lieu à un remplacement rémunéré, la pénurie grimpe à 6,4 %, soit environ un enseignant sur seize, indique Bruzz. Het Nieuwsblad met lui aussi ce chiffre en avant.
Le manque est très inégalement réparti. Les mathématiques, le néerlandais, le français et l'anglais sont les plus touchés. Les écoles de la Région de Bruxelles-Capitale atteignent quelque 6 %, et les établissements des centres-villes, ceux qui proposent des filières tournées vers le marché du travail ou qui accueillent beaucoup d'élèves défavorisés sont aussi davantage en difficulté. Pour combler les trous, les directions recourent surtout à des personnes en reconversion et à des enseignants en formation, beaucoup moins à des enseignants invités ou à des flexi-jobistes. La fonction d'enseignant spécialiste, instaurée sous l'ancien ministre Ben Weyts, est peu utilisée, notamment parce que les écoles ne veulent pas créer d'inégalités au sein de l'équipe.
Selon la Cour des comptes, les écoles remanient les horaires, font commencer les élèves plus tard ou les renvoient plus tôt à la maison et multiplient les heures d'étude. Elle parle de mesures d'urgence aux effets négatifs : les élèves perdent du temps d'apprentissage, on rogne sur la formation continue et l'accompagnement, et la pression sur les équipes en place augmente. La Libre relève que la Cour juge aussi la politique flamande peu cohérente et pointe un manque de données fiables.
La ministre flamande de l'Enseignement Zuhal Demir (N-VA) répond qu'elle mène des concertations intensives avec les pouvoirs organisateurs et les syndicats en vue d'un pacte pour l'enseignement porteur de solutions largement soutenues, y compris contre la pénurie. Elle écarte une prime bruxelloise pour les enseignants : selon elle, la situation budgétaire actuelle ne le permet pas, des primes comparables à l'étranger ne fonctionnent pas et cela creuserait l'écart salarial avec la périphérie flamande, rapporte Bruzz.