L'armée frappe à la porte de l'Imec : dix millions d'euros par an pour la recherche de défense
Le centre de recherche louvaniste, longtemps réticent aux travaux militaires, conclut un partenariat de cinq ans sur les capteurs, l'IA et les communications sécurisées.
La Défense et le centre de recherche louvaniste Imec ont signé vendredi, à la caserne d'Heverlee, une collaboration de cinq ans. L'Imec, réputé dans le monde entier pour ses recherches sur les puces et la nanoélectronique, développera des technologies pour l'armée et recevra pour cela 10 millions d'euros par an. Cet argent provient d'ODIN, l'organisation pour l'innovation de défense créée cette année par le gouvernement fédéral, dotée de 3,7 milliards d'euros sur dix ans, rapporte VRT NWS. Le ministre de la Défense Theo Francken (N-VA) a parlé d'une journée historique.
Selon le communiqué de l'Imec, la collaboration porte sur les capteurs, l'intelligence artificielle, la connectivité sécurisée et le positionnement fiable. L'un des premiers projets concerne des communications sur le champ de bataille que l'ennemi ne peut pas perturber ; s'y ajoutent des recherches sur de petits systèmes radar et laser, notamment pour détecter des attaques de drones. L'Imec se charge uniquement du développement ; la production revient à des jeunes pousses ou à des entreprises de défense établies, et Theo Francken veut donner la priorité aux sociétés belges, écrit The Brussels Times. L'Imec mettra aussi sur pied des parcours doctoraux et interviendra comme expert technologique dans des enceintes de défense.
Le pas est remarquable, car l'Imec s'est montré réticent pendant des décennies envers les applications militaires, relève VRT NWS. Son patron, Patrick Vandenameele, affirme que le revirement parmi le personnel s'est fait plus facilement que prévu, sous l'effet des événements géopolitiques. On ne sait pas encore quand les militaires pourront utiliser ces technologies sur le terrain : selon lui, de telles recherches prennent des années, au moins deux pour les puces, et seulement si la recherche fondamentale est déjà faite.