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Catastrophe ferroviaire près de Tolède : un train relancé à pleine vitesse, Iryo avait tiré la sonnette d'alarme

Le choc entre deux TGV a coûté la vie à 69 personnes ; l'Espagne observe trois jours de deuil et les questions s'accumulent sur un système de signalisation vieillissant.

· dernière mise à jour des sources 06:10 · 8 sources · La Libre, RTBF, Het Nieuwsblad +
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L'Espagne a entamé jeudi trois jours de deuil national après sa pire catastrophe ferroviaire depuis des années. Mercredi matin, peu avant neuf heures, près d'Urda, dans la province de Tolède, à quelque 140 kilomètres au sud de Madrid, un train à grande vitesse de la compagnie publique Renfe a percuté par l'arrière un train à l'arrêt de l'opérateur privé Iryo. Les deux convois se dirigeaient vers Séville. Le bilan s'établit à 69 morts, indique La Libre sur la base des autorités régionales et du ministère des Transports. La commission d'enquête a brièvement avancé le chiffre de 74 morts jeudi, avant de le corriger. HLN fait état de plus de cinquante blessés graves ; les deux conducteurs du train de la Renfe figurent parmi les victimes.

Le déroulé des faits se précise. Selon le ministre des Transports Óscar Puente, le système de sécurité de la ligne est tombé en panne vers 8 h 30, immobilisant six trains, écrit la RTBF. Le centre de contrôle du gestionnaire d'infrastructure Adif a ensuite autorisé le train de la Renfe à repartir à vitesse normale, alors que le protocole prévoit dans ce cas 40 km/h au maximum. Le ministre juge cette décision inexplicable, et des enregistrements audio publiés notamment par El País semblent étayer cette version. Het Nieuwsblad rapporte que, selon la presse espagnole, la panne est partie de trois ordinateurs vieux de plus de trente ans.

Le système de signalisation LZB, en service depuis 1992 sur la ligne Madrid-Séville, est donc sur la sellette. Le patron d'Iryo, Fabrizio Favara, avait signalé il y a trois semaines devant le Sénat espagnol des problèmes avec ce système, indique HLN en citant El País. La VRT NWS souligne que l'Espagne investit massivement dans de nouvelles lignes à grande vitesse, mais relativement peu dans l'entretien, et qu'il s'agit déjà du deuxième accident ferroviaire mortel de l'année, après celui d'Adamuz en janvier, qui avait fait 46 morts. Óscar Puente refuse de démissionner. De Morgen se demande si la catastrophe affaiblira encore davantage le Premier ministre Pedro Sánchez.

L'accident résonne aussi en Belgique. La gouverneure de la province d'Anvers, Cathy Berx, organisera début de l'an prochain un grand exercice de catastrophe ferroviaire, a-t-elle déclaré à la VRT NWS, en rappelant que le rail belge utilise déjà le système de sécurité européen plus moderne ETCS. L'économiste des transports Jochen Maes (UGent) estime dans HLN que la Belgique est pionnière en matière de sécurité ferroviaire depuis la catastrophe de Buizingen.

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