Résultats définitifs en Israël : le bloc de droite plafonne à 53 sièges, les listes arabes en décrochent 19
Aucun des deux blocs n'a de majorité, et le camp Netanyahou durcit le ton en mettant en cause les formations arabes.
La commission électorale israélienne a publié dans la nuit de jeudi à vendredi les résultats définitifs des législatives de mardi. La coalition sortante de droite et d'extrême droite du Premier ministre Benjamin Netanyahou obtient 53 des 120 sièges de la Knesset, rapporte la RTBF, et son Likoud reste le premier parti avec 27 députés. Le bloc d'opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot recueille 48 sièges. La majorité est fixée à 61. HLN et Het Nieuwsblad dressent le même constat : le camp Netanyahou arrive en tête, mais reste nettement en deçà.
Les grands gagnants sont les deux listes arabes, Raam et la Liste unifiée, qui raflent ensemble 19 sièges avec une participation de 77 %, la plus élevée depuis 1999. Elles peuvent ainsi peser sur toute majorité. Le camp Netanyahou accuse ces partis d'avoir acheté des voix avec de l'argent qatari, écrivent La Libre et Business AM ; ce dernier qualifie ces accusations d'infondées. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a même appelé à arrêter les dirigeants des partis arabes, rapporte La Libre. Le Qatar et les partis démentent, et Gadi Eisenkot accuse Benjamin Netanyahou de vouloir délégitimer le scrutin.
Le service de renseignement intérieur, le Shin Bet, enquête sur des soupçons d'irrégularités, tout en soulignant qu'il ne vise pas une communauté entière ayant voté légalement. La commission électorale qualifie une partie des informations diffusées de totalement infondées et assure que l'enquête n'aura aucun effet sur les résultats, selon la RTBF. Ceux-ci seront remis officiellement mercredi au président Isaac Herzog, qui consultera ensuite les chefs de parti avant de charger l'un d'eux de former un gouvernement.
Les tractations s'annoncent longues, et en cas d'échec, de nouvelles élections ne sont pas exclues. Dans une tribune publiée par Knack, Alexander Loengarov estime qu'une coopération entre partis arabes et juifs a peu de chances d'aboutir à court terme, malgré l'impasse.