Christine Lagarde annonce un départ anticipé le jour où la BCE fige ses taux
Le taux de dépôt reste à 2,5 %, mais une hausse en décembre est sur la table ; la recherche d'un successeur commence sans attendre.
La Banque centrale européenne a laissé ses taux inchangés jeudi. Le taux de dépôt reste à 2,50 % et le taux de refinancement à 2,65 %, indique Trends sur la base de l'agence ABM. Selon Business AM, la décision a été prise à l'unanimité, mais une hausse a été sérieusement envisagée en raison de la flambée des coûts de l'énergie et de la remontée des rendements des obligations d'État à long terme. De Tijd cite Christine Lagarde, pour qui le risque d'inflation augmente à mesure que le prix du pétrole reste élevé. Une hausse des taux en décembre reste très probable, selon Business AM.
L'annonce majeure a toutefois été le départ de Christine Lagarde elle-même. Elle quittera ses fonctions le 7 février 2027, environ neuf mois avant la fin de son mandat en octobre 2027. Elle veut retrouver la liberté d'exprimer son opinion, a-t-elle déclaré à Francfort, rapporte HLN. Business AM écrit qu'elle en est venue à considérer la neutralité imposée à un banquier central comme une contrainte trop lourde. Le président du Conseil européen, António Costa, lance immédiatement la procédure de nomination, écrit La Libre. Le quotidien souligne qu'un départ en février permet au président français Emmanuel Macron de peser sur la succession avant l'élection présidentielle française de 2027.
Parmi les successeurs possibles figurent le Néerlandais Klaas Knot, ancien président de De Nederlandsche Bank, et l'Espagnol Pablo Hernández de Cos, selon Business AM ; les noms de Nadia Calviño et de Joachim Nagel circulent aussi. Le Premier ministre néerlandais Rob Jetten soutient Klaas Knot. La Libre s'était demandé plus tôt cette année si Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique, pouvait lui aussi entrer en ligne de compte. Les observateurs dressent un bilan modérément positif de son mandat, écrit De Tijd, même si elle a réagi trop tard à la poussée d'inflation de 2021 et 2022. Knack estime qu'une mission ingrate attend son successeur.