L'enquête i-Police remonte jusqu'au cabinet Verlinden, l'opposition veut une commission parlementaire
Deux porte-parole, l'un au cabinet de la ministre de la Justice, l'autre au parquet de Bruxelles, sont soupçonnés d'avoir enfreint le secret professionnel ; Annelies Verlinden nie toute faute.
Un juge d'instruction bruxellois a inculpé un porte-parole de la ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) et le porte-parole néerlandophone du parquet de Bruxelles pour violation du secret professionnel. De Standaard et Le Soir ont révélé l'information mardi, et un avocat l'a confirmée à la VRT NWS. Le porte-parole du parquet aurait transmis des informations confidentielles sur l'enquête i-Police au porte-parole de la ministre. On ignore si ces informations sont parvenues à la ministre elle-même. Selon La Libre, le porte-parole du parquet est écarté depuis juin à la suite de perquisitions, tandis que celui de la ministre était encore en fonction la semaine dernière. Tous deux bénéficient de la présomption d'innocence.
i-Police est le projet de numérisation de la police que Annelies Verlinden, alors ministre de l'Intérieur, a attribué en 2021 à la société française Sopra Steria pour quelque 299 millions d'euros. Son successeur Bernard Quintin (MR) a mis fin au contrat en décembre 2025, après la facturation de près de 76 millions d'euros sans résultat tangible, rapporte la VRT NWS. Le parquet a ouvert en début d'année une enquête pour détournement de fonds publics et prise d'intérêts, devenue depuis une instruction judiciaire. La ministre avait déjà été critiquée pour avoir travaillé comme avocate pour Sopra Steria peu avant de devenir ministre.
Dans un communiqué, Annelies Verlinden affirme n'avoir rien à cacher et qu'il n'y a eu aucun conflit d'intérêts. Elle évoque des "fuites orchestrées" qui lui nuisent, ainsi qu'à son entourage, dit n'avoir aucune raison de douter de son porte-parole et se dit prête à s'expliquer à nouveau devant le Parlement. Elle affirme aussi s'être présentée spontanément aux autorités judiciaires, une offre restée sans suite à ce stade.
Groen et le Vlaams Belang réitèrent leur demande de commission d'enquête parlementaire, tandis qu'Anders veut aborder le dossier au plus vite en commission Justice de la Chambre. Le MR, partenaire de coalition, réclame lui aussi des réponses, selon la VRT NWS. Le journaliste politique Ivan De Vadder juge probable que la Chambre convoque une commission durant les vacances parlementaires de cette semaine. HLN et De Tijd retracent les révélations successives du dossier.