Faute d'avancée avec Engie, le gouvernement garde l'expropriation des centrales en réserve
Les discussions avec Engie sur une reprise de Doel et Tihange sont bloquées. Le gouvernement garde un scénario d'expropriation en réserve.
Le gouvernement fédéral ne progresse guère dans ses négociations avec Engie sur la reprise des centrales nucléaires belges, rapportent De Tijd et L'Echo ce matin. En guise de solution de repli, le gouvernement De Wever tient prêt un plan B fondé sur l'expropriation.
Les discussions remontent à fin avril, lorsque l'État belge et le groupe Engie ont signé une lettre d'intention en vue de négociations exclusives. Ce cadre couvre les sept réacteurs, le personnel concerné, les filiales nucléaires ainsi que les actifs et passifs qui s'y rattachent, y compris les obligations de démantèlement déjà contractées par Engie. Les deux parties ont convenu que l'opération ne devait ni améliorer ni détériorer les finances d'Engie.
La pression a une origine financière. Business AM indiquait plus tôt cette année que l'État perd de l'argent sur Doel 4 et Tihange 3 dans le cadre de l'accord Phoenix de 2023 : la vente d'électricité a rapporté quelque 31 millions d'euros, mais l'État a dû verser 58 millions à Engie et Luminus pour leur assurer leur rendement garanti.
Le direct politique de Het Nieuwsblad s'ouvre ce matin sur cette menace. Au sein du gouvernement, c'est le ministre de l'Énergie Mathieu Bihet (MR) qui est compétent pour le dossier.